Solidarity with OTHERS a révélé de nouvelles preuves démontrant l’utilisation abusive par la Turquie des systèmes d’Interpol pour traquer ses opposants politiques à l’étranger. Une lettre officielle du ministère turc de la Justice adressée au procureur général d’Ankara, désormais rendue publique, admet qu’Ankara a faussement déclaré les passeports de dissidents comme « perdus » ou « volés » dans la base de données d’Interpol sur les documents de voyage volés et perdus (SLTD), non pas pour signaler des cas authentiques, mais pour suivre leurs déplacements aux frontières. Cet aveu confirme des inquiétudes de longue date quant à l’instrumentalisation délibérée d’Interpol par la Turquie, ainsi que ses tentatives répétées d’émettre des notices rouges à motivation politique, rejetées par Interpol et la Commission de contrôle des fichiers (CCF).
Nous avons également souligné que cette tactique s’inscrit dans une campagne plus vaste de répression transnationale, incluant 107 enlèvements avérés de ressortissants turcs dans des pays comme le Kenya, la Malaisie, la Moldavie et le Kosovo. L’enlèvement de Selahaddin Gülen au Kenya en mai 2021, malgré le rejet de sa demande d’extradition par un tribunal local, illustre le mépris d’Ankara pour le droit international. Solidarité avec les autres, nous appelons Interpol et la communauté internationale à résister aux demandes illégales et à rester vigilants face à la manipulation par la Turquie des mécanismes de police internationaux à des fins de persécution politique.