Droits de L'homme en Turquie

Un conseiller présidentiel a averti Kuytul que son tour venait. La police a fait une descente à son domicile le lendemain matin. Lui, sa femme, et ses deux avocats sont désormais détenus.

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« Un conseiller présidentiel a averti Kuytul que son tour arrivait. La police a fait une descente à son domicile le lendemain matin. Lui, sa femme, et ses deux avocats sont désormais détenus.

Le 18 août, Oktay Saral, conseiller en chef du président Erdoğan, a écrit publiquement au prédicateur islamique et critique du gouvernement Alparslan Kuytul : « Votre tour viendra ! » Quelques jours plus tôt, Kuytul avait critiqué les raids de la police contre les Süleymancılar, une autre communauté religieuse, en affirmant qu’ils étaient punis pour ne pas avoir soutenu le parti au pouvoir.

Le lendemain matin, la police antiterroriste a perquisitionné 49 sites répartis dans six provinces. Kuytul et son épouse Semra ont été interpellés à leur domicile d’Adana. Selon leur version, ils ont été emmenés sans qu’aucun mandat de détention ne leur soit présenté. Des administrateurs judiciaires ont été nommés à la tête de cinq entreprises. L’accès à 349 comptes de réseaux sociaux a été bloqué.

En trois jours, l’enquête a donné lieu à 62 arrestations — y compris celles des deux avocats de Kuytul. Bilal İpek a été interpellé le mercredi, et Alişan İnci le vendredi. L’avocat d’autres membres du mouvement Furkan affirme que plusieurs de ses clients ont été interrogés sans l’avocat de leur choix, sur des instructions attribuées au procureur.

Ömer Faruk Gergerlioğlu, député du parti DEM et défenseur des droits humains, a dénoncé un scandale : des arrestations effectuées sur ordre, suivies de l’interpellation des avocats des détenus.

La fille de Kuytul rapporte que les locaux du magazine du mouvement ont été perquisitionnés à deux reprises — la seconde perquisition ayant eu lieu le lendemain d’une première fouille qui n’avait rien donné.

Le ministre de la Justice affirme que l’affaire concerne des infractions pénales et des crimes, et non des croyances religieuses ou des opinions. Ces faits relèvent toutefois du domaine public : la critique d’un raid contre une communauté religieuse, un avertissement public de la présidence, des perquisitions le matin suivant, des accusations financières, puis la mise sous tutelle des entreprises. »

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