Deniz Göktaş est détenu dans une prison de haute sécurité depuis le 3 juillet en raison d’un spectacle de stand-up. Soixante jours plus tard, aucun acte d’accusation n’a encore été déposé.
Le vendredi 28 août, un tribunal a ordonné sa libération pour les deux chefs d’accusation qui pesaient contre lui. Mais avant même que l’ordre de libération ne parvienne à la prison, il a fait l’objet d’une nouvelle arrestation pour un troisième motif — apologie du crime et de criminels — fondée sur le contenu de la même représentation. Le 31 août, à la suite d’un recours du ministère public, le tribunal a rétabli les deux chefs d’accusation initiaux.
Il est désormais maintenu en détention sous trois chefs d’inculpation découlant d’un seul et unique spectacle. L’un d’eux concerne l’injure au président, au titre de l’article 299 du Code pénal turc.
Il avait été interpellé à l’aéroport d’Istanbul lors de son retour en Turquie. Des images rendues publiques le montraient immobilisé, les mains menottées dans le dos. Il est actuellement détenu à la prison de haute sécurité de Karatepe, à Çorlu.
Dans l’arrêt Vedat Şorli c. Turquie du 19 octobre 2021, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que l’article 299 était incompatible avec la liberté d’expression et que sa mise en conformité avec l’article 10 de la CEDH constituait la seule réparation adéquate. Cinq ans plus tard, la Turquie ne l’a ni abrogé ni modifié, et les poursuites se poursuivent.
Un ordre de libération neutralisé à l’instant même où il est rendu ne relève pas du contrôle judiciaire. C’est un maintien en détention sous une autre forme.
Source
1- https://tr.euronews.com/2026/08/31/deniz-goktas-tahliye-karari-cikan-suclamalardan-tekrar-tutuklandi
Note juridique – Juridische toelichting – Hukuki not
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