À l’occasion de la Journée des droits de l’homme, le Forum des droits de l’homme s’est tenu le 11 décembre à la salle Promotiezaal D.2.01 de la VUB. Cet événement stimulant a abordé des questions cruciales relatives aux droits de l’homme et a réuni un public diversifié composé de défenseurs des droits humains, d’universitaires, de représentants de la société civile et d’étudiants. Avec trois tables rondes et un atelier, le forum a offert une plateforme complète de discussion et d’échange d’idées.
Chaque table ronde était consacrée à un thème distinct : le rôle de l’ONU dans la prévention des violations des droits de l’homme, l’autonomisation des femmes dans la lutte contre la violence et les droits des réfugiés et demandeurs d’asile en Europe. La journée s’est conclue par un atelier sur les microagressions, visant à sensibiliser aux biais inconscients et aux microagressions du quotidien.
Le rôle de l’ONU dans la prévention des violations des droits de l’homme
Le forum a débuté par une table ronde sur le rôle de l’ONU dans la prévention des violations des droits de l’homme. Animée par l’avocat spécialisé dans les droits de l’homme, Coşkun Yorulmaz, cette session a exploré les limites structurelles de l’ONU et la manière dont les parlements nationaux et les mécanismes juridiques pourraient compléter son action.

Les intervenants ont mis en lumière des problèmes urgents en matière de droits humains, notamment la situation de la population ouïghoure en Chine. Samuel Cogolati a partagé son expérience de rédaction d’une résolution au Parlement belge reconnaissant les crimes contre l’humanité et le génocide commis au Xinjiang. Il a souligné le rôle des parlements nationaux et des médias dans l’exercice d’une pression internationale pour que ces violations soient prises en compte.
Katayoun F. Hosseinnejad a présenté en détail les mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits humains, en distinguant les organes fondés sur la Charte des Nations Unies de ceux fondés sur des traités. Elle a insisté sur l’importance des rapports indépendants des ONG pour garantir la fiabilité de l’information dans les pays où l’accès est restreint.
Haşim Tekineş s’est concentré sur la situation des droits humains en Turquie après 2016, en abordant le rôle des mécanismes onusiens dans la lutte contre les violations systémiques, telles que les enlèvements et la torture. Il a souligné comment la visibilité diplomatique de l’ONU et les dépendances économiques de la Turquie influencent la réaction du pays aux décisions internationales en matière de droits humains. En réponse à une question sur les raisons pour lesquelles la Turquie adhère davantage aux résolutions de l’ONU qu’aux arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), il a expliqué que le contrôle et la pression internationaux exercés par l’ONU jouent un rôle important.
Autonomisation des femmes : Combattre la violence et promouvoir la sécurité
Le deuxième panel, animé par Fatima Altunbaş, a porté sur l’égalité des sexes et la lutte contre les violences sexistes. Les intervenants ont examiné la mise en œuvre d’accords internationaux, tels que la Convention d’Istanbul, et des stratégies concrètes pour l’autonomisation des femmes.
Marie Denis a présenté le concept de contrôle coercitif comme une forme de violence domestique non physique mais profondément néfaste. Elle a partagé des outils innovants développés pour identifier et lutter contre ces violences, notamment des formulaires d’évaluation rapide et des jeux conçus pour les victimes confrontées à des barrières linguistiques.
Marwa Neji a mis en lumière les difficultés spécifiques rencontrées par les femmes migrantes, telles que la dépendance juridique et les inégalités économiques, qui les enferment souvent dans des cycles de violence. Interrogée sur la manière dont les femmes migrantes pourraient être mieux informées de leurs droits, elle a souligné le rôle essentiel des ONG et des initiatives communautaires.
Angelica Arámbulo a axé son analyse sur la représentation des femmes dans les processus de paix, citant les efforts de paix inclusifs de la Colombie comme un exemple de réussite. Elle a soutenu que la participation des femmes n’est pas seulement symbolique, mais une nécessité stratégique pour parvenir à une paix durable. Elle a également souligné l’importance cruciale de l’égalité économique et de la justice de genre pour favoriser une stabilité à long terme.

Le troisième panel a exploré les défis de l’intégration des réfugiés et des demandeurs d’asile dans le système éducatif et sur le marché du travail. Animée par Selçuk Gültaslı, la session a examiné les obstacles systémiques tels que la reconnaissance des diplômes, les barrières linguistiques et la discrimination.
Le professeur Ides Nicaise a présenté le projet « Du camp au campus », qui vise à faciliter l’accès des réfugiés à l’enseignement supérieur. Il a souligné les avantages sociétaux et économiques de l’intégration des réfugiés dans le système éducatif.

Hakan Ayçiçek a abordé la question des procédures longues et complexes de reconnaissance des diplômes, qui ont souvent pour conséquence le sous-emploi de réfugiés hautement qualifiés. Il a proposé la mise en place de cadres de reconnaissance standardisés au niveau de l’UE afin de simplifier ces procédures.
Le professeur Ilias Chiloglu a partagé son expérience personnelle concernant l’impact psychologique de la « surqualification », situation dans laquelle des réfugiés qualifiés se trouvent dans l’incapacité de travailler dans leurs domaines respectifs en raison d’obstacles systémiques. Il a plaidé en faveur de politiques plus souples et inclusives pour remédier efficacement à ce problème.
Atelier : Microagressions

L’événement s’est conclu par un atelier sur les microagressions, visant à aider les participants à identifier et à combattre les préjugés inconscients dans leurs interactions quotidiennes. Grâce à des activités interactives, les participants ont acquis des outils pratiques pour favoriser une communication plus inclusive et respectueuse.

1er Panel
Le rôle de l'ONU dans la prévention des violations des droits de l'homme
2ème Panel
Autonomiser les femmes : lutter contre la violence et promouvoir la sécurité
3ème Panel
Droits des réfugiés et des demandeurs d’asile en Europe : concilier les besoins en matière d’éducation et d’emploi