Cinq mineurs ont été tués le 2 octobre lors de l’effondrement d’une taille sur le site de la société İmbat Madencilik à Soma, dans la province de Manisa. Sept hommes se trouvaient au fond. Deux ont pu être ramenés vivants à la surface.
Les victimes sont Ramazan İnce, Halit Ersay, İsa Olcay, Kerim Ören et Ömer Karakaya. Selon le Conseil pour la santé et la sécurité au travail des travailleurs (İSİG Meclisi), Ramazan İnce était responsable de la section Égée n° 1 du syndicat Bağımsız Maden-İş, et les quatre autres victimes étaient membres de ce même syndicat.

Neuf dirigeants de l’entreprise, dont le directeur général, ont été placés en garde à vue. Aucune conclusion technique sur la cause de l’accident n’a été rendue publique.
Le site minier où ils ont trouvé la mort a causé 16 décès au travail depuis 2013. L’İSİG Meclisi recense au moins 1 272 mineurs tués dans l’ensemble du secteur minier turc au cours de ces treize mêmes années, et au moins 1 509 travailleurs tués tous secteurs confondus lors des huit premiers mois de l’année 2026.
L’Union des médecins de Turquie (TTB) a publié un communiqué intitulé : « À Soma, à nouveau la négligence, à nouveau des morts évitables de mineurs, à nouveau le deuil ». Elle y affirme que ce qui s’est produit n’est ni la fatalité ni un accident inévitable, et que « le mot Soma est gravé dans la mémoire récente de la Turquie comme le symbole des crimes industriels, avec la douleur des 301 mineurs que nous avons perdus en 2014 ». L’organisation attribue ces décès à la défaillance des contrôles publics, à la pression productiviste ainsi qu’à des conditions de travail précaires et non réglementées. Elle exige que l’incident fasse l’objet d’une enquête approfondie sans qu’aucune dissimulation ne soit tolérée, que les inspections dans les mines et l’industrie lourde soient indépendantes et scientifiques, qu’il soit mis fin au travail précaire, et que l’indépendance professionnelle des médecins du travail et des experts en sécurité soit garantie par la loi.
Le 3 octobre, des membres du groupe de jeunes Gençlik Komünleri ont entamé une marche le long de l’avenue İstiklal à Istanbul. « Ceux qui exploitent notre travail et nos vies sont d’un côté, et nous sommes de l’autre », ont-ils déclaré. « En tant que jeunes, nous marchons pour les mineurs qui ont été tués. »
La police les a interceptés avant qu’ils n’atteignent la place Taksim et les a interpellés. Le journal Evrensel rapporte qu’ils ont été soumis à des violences policières alors qu’ils étaient emmenés vers le véhicule des forces de l’ordre. Quinze personnes ont été retenues avant d’être libérées la nuit même.
Les décès font l’objet d’une enquête. Tout comme l’ont été, le temps d’une journée, les personnes qui manifestaient en leur mémoire.
Sources
1- Turkish Medical Association (@ttborgtr), statement of the Central Council, 2 October 2026: https://x.com/ttborgtr/status/2105987969999946008
2- İSİG Meclisi (@isigmeclisi), 2 October 2026: https://x.com/isigmeclisi/status/2105941586286715298
3- Evrensel, « Madenciler için yürüyen gençler darbedilerek gözaltına alındı », 3 October 2026: https://www.evrensel.net/haber/6003327/madenciler-icin-yuruyen-gencler-darbedilerek-gozaltina-alindi