La gendarmerie est arrivée à six heures du matin, le 18 septembre, à plusieurs adresses réparties dans l’ensemble d’Izmir.
Dans l’un des logements perquisitionnés, la photographie publiée par la suite montre un chapelet suspendu à la porte d’un placard, une boîte d’œufs, une poignée de bonbons et un cactus dans un coin.
Vingt et une personnes ont été emmenées de leur domicile. Parmi elles, selon TR724, se trouvaient des personnes âgées. La journaliste Sevinç Özarslan, qui a fait état de ces perquisitions, a écrit que l’homme âgé visible sur les images, ainsi que des femmes dont les noms ne sont pas encore connus, sont accusés d’avoir fourni de l’aide humanitaire.
Le parquet général d’Izmir avait délivré des mandats d’arrêt à l’encontre de vingt-sept personnes. L’opération a été menée par la direction régionale de l’Organisation nationale du renseignement (MİT) et la section antiterroriste de la gendarmerie provinciale. Cinq des vingt-sept personnes recherchées n’ont pas été localisées.
La vingt-septième personne se trouvait déjà en prison. En effet, l’Etat a ordonné le placement en détention d’un homme déjà incarcéré.
Les accusations portent sur des infractions à la loi n° 6415 relative à la prévention du financement du terrorisme, ainsi que sur l’appartenance à une organisation terroriste armée. Selon la version officielle, les personnes visées ont été identifiées comme collectant et fournissant des fonds destinés à maintenir l’adhésion à l’organisation.
Les personnes interpellées sont accusées, selon les termes du récit rapporté par TR724, d’être liées au mouvement Gülen et de fournir une aide humanitaire à des personnes dans le besoin.
Depuis 2016, des centaines de milliers de personnes ont été révoquées de la fonction publique par décret d’urgence. Dix ans plus tard, ces personnes révoquées et leurs familles se heurtent toujours à des obstacles dans le monde du travail et dans la vie sociale ordinaire. La question de savoir s’il leur est permis de s’entraider est elle-même devenue l’objet d’enquêtes pénales.
Cette question trouve désormais sa réponse dans la pratique. Un rapport publié en juillet 2026 par Johan Vande Lanotte, professeur émérite à l’Université de Gand, a révélé que les opérations ciblant les personnes qui apportent un soutien financier à des individus condamnés, poursuivis ou révoqués, ainsi qu’à leurs familles, sont devenues la deuxième catégorie d’actions judiciaires les plus fréquentes liées au mouvement Gülen en Turquie : seize opérations en 2025, entraînant l’arrestation de 1 033 personnes. Avant 2023, note-t-il, un tel soutien n’avait jamais été traité comme un motif structurel de poursuites.
La loi turque sur le financement du terrorisme a été élaborée sous surveillance internationale. Le Groupe d’action financière (GAFI) a placé le pays sous surveillance renforcée en octobre 2021 avant de lever cette mesure le 28 juin 2024, estimant que la Turquie devait continuer à veiller à ce que son contrôle du secteur à but non lucratif reste fondé sur les risques et proportionné.
Les procédures au sein de la gendarmerie se poursuivaient au moment où ces lignes ont été écrites. Les vingt et une personnes n’avaient pas encore été présentées à un juge. Le parquet n’a pas répondu à la question de savoir à quoi était destiné l’argent trouvé dans le tiroir.
Sources :
1- TR724, 18 Sept 2026: https://www.tr724.com/izmirde-insani-yardim-operasyonu-yaslilar-gozaltinda-listede-cezaevindeki-khkli-da-var/
2- Habertürk / İHA, 18 Sept 2026: https://www.haberturk.com/gundem/son-dakika-haberler-izmirde-feto-operasyonu-21-gozalti-3913355
3- SuperHaber / DHA, 18 Sept 2026: https://www.superhaber.com/mit-ve-jandarmadan-izmirde-feto-operasyonu-guncel-yapilanmasina-darbe-vuruldu-585201
4- J. Vande Lanotte, Report concerning the current state of affairs regarding the judiciary actions targeting persons linked to the Hizmet movement, Ghent, 27 July 2026, pp. 14–15: https://lnkd.in/p/ex3hKvVt