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Comment la liberté de la presse a-t-elle disparu en Turquie ? Répression légale et censure numérique

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Ce rapport documente l’érosion systématique de la liberté de la presse sous le gouvernement de l’AKP, en particulier depuis la tentative de coup d’État de 2016. Il détaille comment le harcèlement judiciaire, les poursuites arbitraires et les lois de censure draconiennes ont criminalisé le journalisme et réduit au silence toute dissidence. 515 journalistes ont été poursuivis au cours du premier semestre 2024 seulement, et plus de 219 000 URL – dont 14 000 articles de presse – ont été bloquées en 2023. Des études de cas montrent comment les tribunaux instrumentalisent de vagues notions de « droits individuels » pour étouffer les enquêtes sur la corruption, comment des médias entiers sont contraints de fermer leurs portes par le RTÜK, et comment des plateformes numériques essentielles comme Instagram, X et YouTube sont restreintes afin de museler les voix indépendantes. Le rapport met également en lumière des cas emblématiques tels que la fermeture d’Açık Radyo pour avoir diffusé l’expression « génocide arménien » et le blocage de Twitter pendant les opérations de secours suite au tremblement de terre, mettant ainsi des vies en danger. Elle conclut que la convergence de la répression légale, de la censure d’État et du contrôle numérique a créé un environnement hostile où le journalisme indépendant est criminalisé, la dissidence punie et la société privée d’un libre accès à l’information.

Introduction

Depuis 2016, le régime d’Erdoğan cible systématiquement les journalistes et les critiques à la suite de la tentative de coup d’État manquée, instaurant une répression généralisée et soutenue de la dissidence.[1] En 2020, la Turquie occupait la 154e place sur 180 pays évalués dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (« RSF »).[2] Cette tendance au déclin s’est poursuivie au fil des ans, le climat hostile en Turquie s’aggravant : 515 journalistes ont été poursuivis en justice au cours du seul premier semestre 2024.[3] Ce climat hostile s’est également reflété dans le classement de la Turquie, le pays chutant à la 158e place en 2024 selon l’évaluation mondiale de la liberté de la presse de RSF.[4]

La situation semble se détériorer davantage en 2025, notamment en raison des troubles déclenchés par l’arrestation d’Ekrem İmamoğlu, figure de proue de l’opposition politique au régime d’Erdoğan.[5] Compte tenu de l’agitation politique et du rythme rapide des arrestations parmi les manifestants, il est difficile de déterminer le nombre exact de journalistes ; cependant, il est certain qu’ils sont inclus[6] dans le total de 1 879 arrestations recensées fin mars, selon les données fournies par le ministre de l’Intérieur, Ali Yerlikaya.[7]

À l’heure actuelle, environ 90 % des médias turcs sont sous influence gouvernementale, faisant de la communication numérique la principale source d’information entre le public et les journalistes indépendants.[8] Par conséquent, le paysage numérique et les journalistes qui y travaillent sont la cible d’une répression constante et multiforme de la part du gouvernement. Bien que la détérioration de la liberté d’expression et des droits des journalistes en Turquie soit un vaste sujet, ce rapport vise à fournir des informations et des exemples concrets des défis persistants auxquels les journalistes sont confrontés, en particulier dans le domaine numérique.

Attaques juridiques contre le journalisme

D’après une étude publiée en 2023 par le Reuters Institute for the Study of Journalism[9], les plateformes de médias sociaux telles que YouTube, Instagram, X (anciennement Twitter) et Facebook sont devenues des voies d’accès essentielles à l’information. En tant que vecteur crucial du journalisme indépendant, la sphère numérique a captivé l’attention croissante du régime d’Erdoğan[10]. L’année 2023 revêt une importance particulière, notamment en raison des élections présidentielles qui se sont tenues en mai[11]. Au total, 219 059 URL ont été bloquées, dont 14 680 articles de presse, 197 907 domaines, 5 641 publications sur les réseaux sociaux, 743 comptes de réseaux sociaux et 38 avis d’entreprises sur Google[12]. Ce nombre représente une augmentation significative par rapport aux données de 2022, qui ont montré que les restrictions d’accès affectaient au moins 40 536 URL, dont 35 066 noms de domaine, 3 196 articles de presse, 2 090 publications sur les réseaux sociaux et 184 comptes sur les réseaux sociaux.[13]

 

La « violation des droits de la personne » est le motif le plus fréquemment invoqué pour bloquer ou supprimer des contenus.[14] En 2022, 3 191 articles de presse sur 3 196 bloqués l’ont été pour violation présumée des droits de la personne.[15] En 2023, ce nombre a considérablement augmenté, avec 14 332 articles de presse sur 14 680 bloqués supprimés pour le même motif.[16] Bien que les droits de la personne soient protégés par l’article 24 du Code civil turc,[17] il n’existe pas de définition précise de ce qui constitue un droit de la personne, ce qui permet une grande flexibilité et une large marge d’appréciation dans la protection des droits individuels.[18]

 

En droit turc, les droits de la personne englobent divers aspects, tels que la vie, la santé, l’intégrité physique, la dignité (réputation), la vie privée, le nom, l’image et la liberté d’expression.[19] Compte tenu de cette large interprétation, les droits de la personne sont considérés comme étant protégés par la Constitution,[20] en plus d’autres dispositions issues de divers instruments juridiques.[21] Selon la Cour de cassation, l’étendue des droits de la personne peut être déterminée en fonction du cours ordinaire de la vie, des jugements de valeur établis et de l’expérience de la vie.[22]

 

Toutefois, cette interprétation extensive peut facilement être exploitée au profit du régime d’Erdoğan. En 2023, la corruption et les irrégularités étaient les sujets les plus fréquemment abordés dans les articles de presse bloqués, représentant 5 881 cas et constituant ainsi la principale catégorie de contenu bloqué.[23] Un exemple notable s’est produit en juin 2023, lorsque le 5e tribunal correctionnel d’Anatolie, à Istanbul, a ordonné le blocage de 93 sites web pour diffusion d’un article de Reuters concernant une situation aux États-Unis et en Suède impliquant Bilal Erdoğan.[24] Le blocage visait les sites web qui partageaient, résumaient ou citaient directement des extraits de l’article,[25] au motif de « violation des droits de la personne » et parce que le contenu était « loin de la réalité, non confirmé et contraire à la bonne foi ».[26] Ce blocage a touché tous les principaux médias internationaux, dont Voice of America, Euronews, MSN et la quasi-totalité des médias indépendants turcs, ainsi que la version originale de Reuters.[27]

 

L’article indique que les autorités anticorruption américaines et suédoises examinaient une plainte selon laquelle la filiale suédoise d’une entreprise américaine aurait promis des millions de dollars de pots-de-vin en échange de l’aide d’un fils d’Erdoğan pour obtenir une position dominante sur le marché turc (source citée pour cette phrase).[28] L’article précise que des communications et des documents commerciaux détaillant ce plan ont été examinés par Reuters et une autre personne au fait du dossier.[29] Reuters a également rapporté par la suite que le projet de la filiale avait été complètement abandonné en Turquie en raison d’une « conduite potentiellement préoccupante » et qu’aucun cas de corruption n’avait été constaté.[30] L’agence a souligné que l’article visé avait été rédigé conformément à ses Principes de confiance et à son engagement à publier des informations justes et précises dans l’intérêt public mondial.[31]

 

Il existe de nombreux cas où les droits personnels et la liberté de la presse s’opposent[32], et la Cour de cassation définit quatre critères pour trouver un équilibre lorsque les libertés personnelles entrent en conflit avec la liberté de la presse : la réalité apparente, l’intérêt public et social, l’actualité et l’équilibre entre l’essence et la forme[33]. Pour aborder la question ci-dessus, les concepts de réalité apparente et d’équilibre entre l’essence et la forme sont essentiels à la compréhension.

La notion de réalité apparente signifie que les reportages doivent refléter les faits apparents au moment de leur publication, et non la vérité absolue.[34] La perception du lecteur moyen est considérée comme le critère déterminant pour apprécier la réalité apparente.[35] La presse ne peut être tenue responsable de la publication d’événements qui paraissent exacts sur le moment, mais qui s’avèrent par la suite faux.[36] Lorsqu’on applique cette règle à Reuters, il est difficile de conclure à un manquement aux normes journalistiques. Le reportage de Reuters ne reflétait que les faits tels qu’ils étaient à l’époque, sur la base de certains éléments de preuve, à savoir qu’une plainte avait été déposée auprès des autorités américaines et suédoises concernant la filiale suédoise d’une entreprise, pour des faits de corruption impliquant un fils d’Erdoğan, et que cette plainte était en cours d’instruction.[37]

 

L’équilibre entre le fond et la forme implique une compatibilité entre le contenu rapporté et sa présentation.[38] Cela signifie qu’il doit y avoir une cohérence intellectuelle entre le style du reportage et son contenu, avec une distinction claire entre critique et insulte. La critique peut être sévère, mais elle ne doit pas franchir la limite de l’insulte.[39] Le langage utilisé dans le reportage de Reuters est clair et direct, présentant les conclusions actuelles sur un ton objectif, exempt de toute critique.[40] Par conséquent, il n’y a pas d’écart par rapport aux normes journalistiques concernant l’équilibre entre le fond et la forme, et il est difficile de conclure à un manque de bonne volonté.

En conclusion, cette situation illustre la manière dont les tribunaux ont tendance à aborder les violations des droits individuels dans les affaires politiques, échouant souvent à établir un équilibre approprié pour la liberté de la presse.

D’autres problèmes au sein du système judiciaire portent atteinte à la liberté de la presse, notamment des cas de partialité et de corruption. Un exemple de ce type s’est produit en octobre 2023, lorsque le procureur général d’Istanbul a adressé une lettre au Conseil des juges concernant les décisions du 4e tribunal correctionnel anatolien d’Istanbul de bloquer et de supprimer des contenus en échange d’argent.[41] Cette lettre contenait également des accusations contre le président de la Commission judiciaire d’Istanbul à ce sujet.[42] Il est à la fois ironique et tragique qu’un article partagé par un journaliste, révélant ce scandale de corruption au sein du système judiciaire lié aux décisions de blocage et de suppression de contenus — impliquant plus particulièrement le 4e tribunal correctionnel anatolien d’Istanbul —[43], ait lui-même été bloqué et supprimé par un juge de ce même tribunal en octobre 2023, suite à une plainte déposée par le président de la Commission judiciaire d’Istanbul, cité dans l’article.[44] Tous les contenus relatifs à cet article, y compris les articles de presse et les publications sur les réseaux sociaux, ont été bloqués.[45] Par conséquent, tous les types de couverture liés à cette affaire ont été affectés[46], et l’accès à 172 rapports distincts a été bloqué sur la base d’une « violation des droits personnels » du président de la Commission judiciaire d’Istanbul[47]. De plus, l’accès à un autre rapport documentant les décisions prises par le 4e tribunal pénal anatolien d’Istanbul pour bloquer et supprimer du contenu a également été bloqué et supprimé[48].

 

Cette suite d’événements révèle un abus de pouvoir au sein de l’appareil judiciaire, particulièrement préjudiciable compte tenu de l’interprétation extensive de ce qui constitue une violation des droits individuels. De tels agissements menacent l’intégrité du système judiciaire et la liberté de la presse, et les récents développements témoignent d’une inquiétude croissante à cet égard.

L’une de ces évolutions concerne la loi n° 5651 relative à la réglementation de la radiodiffusion sur Internet et à la prévention des infractions commises par le biais de la radiodiffusion sur Internet (communément appelée « loi sur les médias sociaux »)[49], qui impose des obligations et des responsabilités à divers acteurs d’Internet, dans le but de prévenir la cybercriminalité[50]. L’article 9(1), désormais abrogé, permettait aux titulaires de droits de soumettre directement leurs demandes aux tribunaux pénaux de paix, en invoquant une « violation des droits de la personne »[51]. L’article 9(3), également abrogé, prévoyait qu’un juge des tribunaux pénaux de paix pouvait ordonner le blocage ou le retrait d’un contenu après avoir constaté une violation des droits de la personne[52]. La Cour constitutionnelle a abrogé les articles 9(1) et 9(3)[53], en raison de la portée imprécise de ces dispositions, qui conféraient aux tribunaux pénaux de paix un pouvoir discrétionnaire excessif et rendaient leurs décisions quasiment impossibles à contester[54]. Par conséquent, il a été jugé que cela constituait une violation de la liberté des droits fondamentaux en vertu de l’article 13, de la liberté d’expression et de diffusion de la pensée en vertu de l’article 26 et de la liberté de la presse en vertu de l’article 28 de la Constitution.[55]

 

Cependant, l’article 8/A(1) de la loi n° 5651 stipule que des contenus peuvent être supprimés pour d’autres motifs, tels que la « protection de la sécurité nationale et de l’ordre public » et la « prévention des infractions »[56]. Les tribunaux pénaux de paix ont continué d’imposer la censure en ligne pour d’autres motifs, tels que la « sécurité nationale »[57]. En 2024, ces tribunaux ont mis en œuvre des restrictions d’accès à au moins 3 136 articles de presse et documents journalistiques pour des motifs similaires[58].

 

Par conséquent, malgré certaines mesures prises par la Cour constitutionnelle contre les violations des droits individuels, la question du caractère vague de certaines notions et du large pouvoir discrétionnaire qu’elles confèrent aux juges demeure problématique. Ce problème ne se limite pas aux affaires relatives aux droits individuels, mais se manifeste également dans les récentes modifications du code pénal concernant la réglementation des contenus en ligne et la diffusion de fausses informations.

En octobre 2022, juste avant les élections présidentielles de mai 2023,[59] le Code pénal turc a été modifié[60] pour inclure une nouvelle disposition, l’article 217/A(1), qui prévoit :

 

« Quiconque diffuse publiquement de fausses informations concernant la sécurité intérieure et extérieure, l’ordre public et la santé publique du pays dans le seul but de créer de l’anxiété, de la peur ou de la panique parmi le public, et d’une manière susceptible de perturber la paix publique, sera condamné à une peine d’emprisonnement d’un à trois ans. »[61]

 

La disposition ne fournit aucune définition précise de la notion de « fausse information » et n’offre aucune explication exhaustive de ce qui constitue une menace pour la sécurité intérieure et extérieure du pays, l’ordre public ou la santé publique.[62] Compte tenu du manque de clarté entourant certains concepts de l’article, des actions et des informations pourraient facilement être interprétées sous cet angle vague.[63] De plus, la loi ne définit pas clairement ce qui pourrait provoquer de l’anxiété ou susciter la peur au sein du public.[64] Cette ambiguïté est encore aggravée par le fait que l’article ne fait pas de distinction entre le créateur du contenu et ceux qui contribuent à sa diffusion, par exemple en aimant ou en partageant.[65] La Commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l’Europe,[66] a également critiqué le caractère vague de la formulation de la disposition, insistant sur la nécessité d’en définir clairement la portée.[67] En raison de l’absence d’état de droit en Turquie, l’interprétation des fausses informations a été façonnée pour favoriser le régime d’Erdoğan et le parti politique au pouvoir, protégeant ainsi leurs intérêts politiques au détriment de l’opposition.[68]

 

Une autre préoccupation concerne la sévérité de la peine, qui prévoit une peine d’emprisonnement d’un à trois ans.[69] Même des sanctions pécuniaires importantes dans le cadre de procédures civiles peuvent suffire à violer l’article 10 de la CEDH, le droit à la liberté d’expression, lorsque leur montant est disproportionné par rapport aux revenus du requérant et lorsqu’il n’existe aucune preuve à l’appui de la personne diffamée.[70] Ceci renforce le principe selon lequel le droit pénal doit constituer un ultime recours, un concept qui n’est manifestement pas respecté pour les journalistes en Turquie.[71] En 2024, 4 590 personnes ont fait l’objet d’enquêtes, dont 33 arrestations, certaines concernant des journalistes, toutes en vertu de l’article 217/A, sur une période de seulement deux ans.[72]

 

Il existe également d’autres instruments et dispositions juridiques en Turquie pour responsabiliser les journalistes.[73] Il s’agit notamment de l’article 125 du Code pénal turc qui prévoit des sanctions pour l’insulte,[74] de l’article 216 qui criminalise l’appel public à la haine, à l’hostilité et à la dégradation,[75] de l’article 217 qui interdit l’appel public à la désobéissance à la loi,[76] de l’article 267 qui pénalise la diffamation,[77] de l’article 299 qui offre une protection spéciale contre le Président,[78] de l’article 301 qui criminalise la dégradation de la nation turque, de l’État et des organes et institutions de l’État.[79]

 

Des gros titres au siège social

Bien souvent, ce ne sont pas seulement le contenu ou le journaliste, mais des médias entiers qui sont soumis à des menaces et à des pressions, généralement ciblées par des organismes de réglementation comme le Conseil supérieur de l’audiovisuel (« RTÜK »), qui a imposé diverses mesures contre les journaux et les stations de radio.

Cela est devenu particulièrement évident en février 2022, lorsque le RTÜK a demandé à Deutsche Welle, Voice of America et Euronews — parmi les rares médias indépendants encore actifs en Turquie — d’obtenir une licence de diffusion.[80] Ils disposaient de 72 heures pour en faire la demande, mais aucun ne s’est conformé à cette exigence.[81] En avril 2022, la demande adressée à Euronews a été retirée après que ce dernier a modifié le contenu qui avait initialement déclenché l’obligation de licence.[82] Deutsche Welle et Voice of America ont continué de rejeter ces demandes, Deutsche Welle soulignant qu’il ne s’agissait pas d’une exigence formelle de diffusion, mais d’une ingérence dans le contenu journalistique lui-même.[83] Finalement, le RTÜK a porté l’affaire devant le premier tribunal correctionnel d’Ankara,[84] qui a bloqué l’accès aux deux sites d’information le 30 juin 2022.[85]

 

Les efforts de l’Autorité turque de régulation des médias (RTÜK) pour délivrer des licences de diffusion et maintenir son contrôle sont constants, allant jusqu’à cibler les interviews de rue. Le 2 août 2024, le gouvernement turc a bloqué l’accès à Instagram, invoquant le non-respect par la plateforme de la réglementation nationale et son mépris des normes culturelles locales et des sensibilités du public.[86] Cette décision a suscité une vive indignation au sein de la société, la Turquie se classant au 5e rang mondial en termes d’utilisation d’Instagram, ce qui confère à la plateforme une influence considérable pour les interactions sociales et les activités commerciales en ligne.[87] L’interdiction a été levée au bout de neuf jours, suite à un accord de coopération entre les responsables d’Instagram et les autorités turques.[88] Cette situation a donné lieu à des interviews de rue au cours desquelles Dilruba Kayserilioğlu a publiquement exprimé son désaccord avec l’interdiction.[89] Dans ses critiques, elle a déclaré ouvertement : « C’est injuste. Le président ne peut pas interdire Instagram à sa guise »,[90] et ses propos ont été diffusés sur une chaîne YouTube.[91]

 

Cela a entraîné son arrestation immédiate pendant dix-huit jours[92], et elle a été inculpée d’« incitation à la haine et à l’inimitié au sein du public » et d’« outrage au président »[93], le parquet requérant une peine de prison pouvant aller jusqu’à quatre ans et demi[94]. Bien que ses appels contre les accusations d’« incitation à la haine et à l’inimitié » et d’« outrage au président » aient été rejetés, le tribunal l’a remise en liberté dans l’attente de la décision[95]. En septembre 2024, elle a été condamnée à une peine de prison avec sursis de sept mois et demi pour « outrage au public », ce qui signifie que, bien qu’elle ait été condamnée, sa peine ne serait exécutée que si elle commettait une infraction pénale dans les cinq années suivantes[96]. Outre l’attention politique portée à ce type d’affaires, le RTÜK a réaffirmé début septembre 2024 que les interviews de rue devaient être surveillées afin de prévenir la diffamation et la diffusion de fausses informations en ligne[97]. Nombreux sont ceux qui considèrent cette déclaration comme une tentative de contrôler et de restreindre les médias indépendants et le débat public[98].

 

Suite à ces déclarations, le RTÜK a réaffirmé son autorité.[99] En octobre 2024, Açık Radyo (« Radio Ouverte »), l’une des plus anciennes stations de radio de Turquie, a été prise pour cible par le RTÜK, qui lui a retiré sa licence de diffusion un mois seulement avant son 30e anniversaire.[100] Après une émission diffusée le 24 avril 2024, au cours de laquelle un invité a employé l’expression « génocide arménien », la station a été condamnée à une amende équivalente à 7 500 euros et suspendue d’antenne pendant cinq jours.[101] Le RTÜK a justifié l’amende et la suspension au motif qu’Open Radio n’avait pas interrompu l’invité après l’utilisation de cette expression,[102] qu’il a considérée comme « incitant à la haine et à l’hostilité au sein de la société ou encourageant les sentiments de haine ».[103]

 

Le fondateur de la station de radio, Ömer Madra, a déclaré avoir fait appel de l’amende tout en s’y conformant afin d’éviter toute tension supplémentaire.[104] Il a également expliqué qu’ils n’avaient pas été informés des dates précises de la suspension et que la notification électronique n’avait pas pu être envoyée en raison de problèmes techniques et logiciels.[105] Bien que le texte de RTÜK ait été inclus dans une notification électronique, la section indiquant les dates de fermeture était inaccessible suite à un dysfonctionnement technique du système de notification électronique.[106] Ce problème était dû à des erreurs rencontrées dans le Système national de notification électronique (« UETS »), un organisme gouvernemental chargé d’envoyer les notifications aux particuliers.[107] Bien qu’il n’existe pas d’interdiction directe du contenu numérique, cette situation constitue un cas unique où RTÜK sanctionne Open Radio pour une erreur causée par des tiers dans le système de communication, un problème qui devrait également être considéré comme préjudiciable au paysage numérique du journalisme.

Open Radio a contesté la décision de sanction devant un tribunal administratif, ce qui a entraîné la suspension du paiement de l’amende jusqu’à ce que RTÜK présente sa défense.[108] RTÜK a interjeté appel de cette suspension devant une juridiction supérieure ; toutefois, celle-ci a rejeté son appel.[109] En octobre 2024, le tribunal administratif a réexaminé l’affaire et a finalement levé la suspension du paiement de l’amende.[110] Avant même qu’Open Radio puisse former un recours contre cette décision, RTÜK lui a immédiatement retiré sa licence de diffusion, sans préavis[111] ni justification.[112]

 

En outre, on observe une tendance croissante au sein du pouvoir judiciaire à confirmer l’autorité et les décisions du RTÜK.[113] Début 2025, le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative de Turquie, a rejeté un recours contre un règlement élargissant les pouvoirs du RTÜK.[114] Le tribunal a conclu que les pouvoirs élargis accordés au RTÜK ne portaient pas atteinte à la liberté d’expression et a considéré que son autorité s’exerçait dans le cadre légal.[115]

 

Cette hostilité, manifeste dans les exigences et les menaces du RTÜK, illustre une fois de plus une approche autoritaire. Cette approche prend parfois une tout autre dimension, notamment lorsque les plateformes de médias sociaux sont prises pour cible par d’autres acteurs étatiques.

De nombreuses plateformes de médias sociaux largement utilisées sont étroitement contrôlées afin de réprimer le journalisme indépendant, notamment lors d’événements mettant en lumière les carences du régime d’Erdoğan, parfois même au prix de vies humaines.[116] Le séisme de février 2023[117] en est un exemple poignant et lourd de conséquences.[118] Prétendant empêcher la diffusion de « désinformation » concernant le séisme, la plateforme X a été bloquée le troisième jour après la catastrophe.[119] De ce fait, les opérations de secours et les efforts d’assistance sur X ont été totalement perturbés pendant 12 heures,[120] empêchant les survivants piégés sous les décombres de communiquer leur position, leur état de santé et leurs besoins urgents.[121] En mars 2023, suite à une décision de justice, X a commencé à bloquer et à supprimer les contenus journalistiques dénonçant l’insuffisance des secours post-séisme.[122] Plus tard, d’autres contenus journalistiques traitant de ces blocages et suppressions ont également été bloqués, une fois de plus en vertu d’une ordonnance judiciaire.[123]

 

Répression publique et échos de la peur

Il y a une augmentation indéniable de l’autocensure et un effet dissuasif croissant, compte tenu de la position générale à l’égard du journalisme et de l’environnement hostile en Turquie à l’égard de la liberté d’expression.[124] Par conséquent, il faut s’attendre à ce que l’objectif ne soit pas seulement d’intimider les journalistes, mais aussi de cibler le public qui défend la liberté d’expression.

Récemment, l’Association des entreprises et des industries (TÜSİAD), dont les membres représentent 85 % du commerce extérieur turc et contribuent à hauteur de 80 % aux recettes de l’impôt sur les sociétés[125], a également fait l’objet d’un examen minutieux de la part du gouvernement turc. Le président de la TÜSİAD, Orhan Turan, et le président de son conseil consultatif, Ömer Aras, ont été pris pour cible politique[126]. Cette prise de cible faisait suite à leurs critiques récentes des politiques économiques du gouvernement et des poursuites judiciaires engagées contre des figures de l’opposition, notamment des membres de la presse[127]. Lors de l’assemblée générale de la TÜSİAD en février 2025, Orhan Turan et Ömer Aras ont tous deux exprimé leur inquiétude quant au fait que les enquêtes judiciaires en cours visant des figures de l’opposition et des journalistes avaient suscité l’inquiétude et l’insécurité au sein de la population, tout en portant atteinte aux valeurs démocratiques[128]. Leurs critiques portaient également sur l’impact négatif de ces questions sur les investissements étrangers dans le pays[129].

 

Le parquet a ouvert une enquête sur leurs propos pour « tentative d’influence sur un procès équitable » et « diffusion publique de fausses informations ».[130] Tous deux ont été initialement détenus pour être interrogés et ont comparu devant les procureurs le lendemain.[131] Ils ont été placés sous une certaine surveillance judiciaire, y compris une interdiction de voyager à l’étranger pour les deux individus, et ont finalement été libérés.[132]

 

Cette enquête a elle-même entraîné une baisse des actions cotées à Istanbul[133], conformément aux déclarations d’Orhan Turan et d’Ömer Aras lors de l’assemblée générale du TÜSİAD, pour lesquelles ils ont fait l’objet d’une enquête. Suite à cette enquête, l’indice principal de la bourse d’Istanbul a chuté d’environ 0,5 %, les analystes estimant que de telles mesures pourraient freiner davantage les investissements étrangers[134]. Le 7 mars 2025, le parquet a clos son enquête sur les deux individus et a requis des peines d’emprisonnement allant jusqu’à cinq ans et demi[135]. Leur première comparution devant un tribunal aura lieu le 20 mai 2025[136].

Conclusion

En conclusion, le climat hostile envers les journalistes en Turquie ne cesse de se détériorer. Le numérique étant le seul moyen de communication entre le public et les journalistes indépendants, il est la cible d’attaques virulentes de la part du régime d’Erdoğan. Une véritable bataille juridique est menée contre les journalistes et leurs contenus, notamment par le blocage de contenus ou de leur accès, en vertu de règles juridiques vagues, souvent interprétées en faveur du gouvernement en place, ce qui compromet gravement le journalisme indépendant. Cette situation alarmante est encore aggravée par des sanctions pénales sévères, utilisées pour instiller la peur et exercer des représailles contre les journalistes indépendants. De plus, ce ne sont pas seulement les titres des journaux, mais aussi les locaux des rédactions qui sont visés par des organismes administratifs tels que le RTÜK. Cela se manifeste également dans les agissements d’autres responsables de l’État qui n’hésitent pas à bloquer les plateformes de médias sociaux, même lorsque l’accès à ces plateformes est crucial pour la survie lors des catastrophes les plus graves, comme l’a tragiquement démontré le tremblement de terre. Ces intimidations visent également quiconque ose critiquer les conditions de travail difficiles des journalistes.

[1] Reporters Without Borders, ‘Turkey – press freedom in figures’ (RSF, 28 January 2021) <https://rsf.org/en/turkey-press-freedom-figures> accessed 27 April 2025.

[2] Reporters Without Borders, ‘2020 World Press Freedom Index’ (RSF, 2020) <https://rsf.org/en/index?year=2020> accessed 27 April 2025. 

[3] Stockholm Center for Freedom, ‘515 journalists prosecuted in Turkey in past 6 months: report’ (SCF, 8 July 2024) <https://stockholmcf.org/515-journalists-prosecuted-in-turkey-in-past-6-months-report/> accessed 29 April 2025.

[4] Reporters Without Borders, ‘2024 World Press Freedom Index’ (RSF, 2024) <https://rsf.org/en/index?year=2024> accessed 27 April 2025.

[5] Ruth Michaelson, ‘Journalists among more than 1,100 arrested in Turkey crackdown’ (The Guardian, 24 March 2025) 

<https://www.theguardian.com/world/2025/mar/24/journalists-among-more-than-1100-arrested-in-turkey-crackdown-istanbul> accessed 27 April 2025.

[6] Ruth Michaelson, ‘Journalists among more than 1,100 arrested in Turkey crackdown’ (The Guardian, 24 March 2025) 

<https://www.theguardian.com/world/2025/mar/24/journalists-among-more-than-1100-arrested-in-turkey-crackdown-istanbul> accessed 27 April 2025.

[7] Shubhangi Derhgawen, ‘Turkey: 1,900 protesters detained after Imamoglu’s arrest’ (Deutsche Welle, 27 March 2025) <https://www.dw.com/en/turkey-1900-protesters-detained-after-imamoglus-arrest/a-72059045> accessed 27 April 2025.

[8] Reuters, ‘Turkey’s independent news websites face closure risk after Google changes’ (Reuters,13 March 2025) <https://www.reuters.com/technology/turkeys-independent-news-websites-face-closure-risk-after-google-changes-2025-03-13/> accessed 27 April 2025.

[9] Nic Newman, ‘Digital News Institute’ (Reuters Institute, 14 June 2023) <https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/digital-news-report/2023/turkey> accessed 27 April 2025.

[10] Mark Scott, ‘How Turkey’s Erdoğan uses social media to cling onto power’ (Politico, 15 May 2023)

 <https://www.politico.eu/article/recep-tayyip-erdogan-elon-musk-twitter-turkey-elections-social-media-power/> accessed 27 April 2025. 

[11] Reuters, ‘Who won Turkey’s 2023 elections? Final results, and the high stakes at issue’ (Reuters, 30 May 2023) <https://www.reuters.com/world/middle-east/who-won-turkeys-2023-elections-final-results-high-stakes-issue-2023-05-29/> accessed 27 April 2025.

[12] Free Web Turkey, ‘14,000 news articles and 197,000 websites censored in Turkey in 2023’ (Free Web Turkey, 3 September 2024)

<https://www.freewebturkey.com/en/14-000-news-articles-and-197-000-websites-censored-in-turkey-in-2023?utm_source> accessed 27 April 2025.

[13] Free Web Turkey, ‘Free Web Turkey’s ‘2022 Internet Censorship Report’ has been released’ (Free Web Turkey, 22 November 2023) <https://www.freewebturkey.com/the-free-web-turkey-2022-internet-censorship-report-has-been-released> accessed 27 April 2025.

[14] Free Web Turkey, ‘Free Web Turkey’s ‘2022 Internet Censorship Report’ has been released’ (Free Web Turkey, 22 November 2023) <https://www.freewebturkey.com/the-free-web-turkey-2022-internet-censorship-report-has-been-released> accessed 27 April 2025;  Free Web Turkey, ‘14,000 news articles and 197,000 websites censored in Turkey in 2023’ (Free Web Turkey, 3 September 2024)

<https://www.freewebturkey.com/en/14-000-news-articles-and-197-000-websites-censored-in-turkey-in-2023?utm_source> accessed 27 April 2025.

[15] Free Web Turkey, ‘Free Web Turkey’s ‘2022 Internet Censorship Report’ has been released’ (Free Web Turkey, 22 November 2023) <https://www.freewebturkey.com/the-free-web-turkey-2022-internet-censorship-report-has-been-released> accessed 27 April 2025.

[16] Free Web Turkey, ‘14,000 news articles and 197,000 websites censored in Turkey in 2023’ (Free Web Turkey, 3 September 2024)

<https://www.freewebturkey.com/en/14-000-news-articles-and-197-000-websites-censored-in-turkey-in-2023?utm_source> accessed 27 April 2025.

[17] Law No 4721, art. 24  <https://www.mevzuat.gov.tr/mevzuat?MevzuatNo=4721&MevzuatTur=1&MevzuatTertip=5>. 

[18] Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[19] Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[20] Law No 2709 <https://www.mevzuat.gov.tr/mevzuat?MevzuatNo=2709&MevzuatTur=1&MevzuatTertip=5>

[21] Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[22] Court of Cassation ACC No E 2007/4-224 K 2007/228 (2 May 2007); See also Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[23] Free Web Turkey, ‘14,000 news articles and 197,000 websites censored in Turkey in 2023’ (Free Web Turkey, 3 September 2024)

<https://www.freewebturkey.com/en/14-000-news-articles-and-197-000-websites-censored-in-turkey-in-2023?utm_source> accessed 27 April 2025.

[24] Reuters, ‘Reuters appeals Turkish court order to remove news article’ (Reuters, 4 July 2023) <https://www.reuters.com/world/reuters-appeals-turkish-court-order-remove-news-article-2023-07-03/> accessed 27 April 2025; Media and Press Freedom Monitor, ‘Turkish court blocks access to websites connected to Reuters article reporting on preliminary probe into Erdoğan’s son’ (MAPMF, 3 July 2023) <https://www.mapmf.org/alert/30440> accessed 27 April 2025.

[25] Reuters, ‘Reuters appeals Turkish court order to remove news article’ (Reuters, 4 July 2023) <https://www.reuters.com/world/reuters-appeals-turkish-court-order-remove-news-article-2023-07-03/> accessed 27 April 2025.

[26] Media and Press Freedom Monitor, ‘Turkish court blocks access to websites connected to Reuters article reporting on preliminary probe into Erdoğan’s son’ (MAPMF, 3 July 2023) <https://www.mapmf.org/alert/30440> accessed 27 April 2025.

[27] Media and Press Freedom Monitor, ‘Turkish court blocks access to websites connected to Reuters article reporting on preliminary probe into Erdoğan’s son’ (MAPMF, 3 July 2023) <https://www.mapmf.org/alert/30440> accessed 27 April 2025.

[28] David Gauthier-Villars, ‘US, Swedish prosecutors study graft complaint naming son of Turkey’s Erdogan’ (Reuters, 26 June 2023) <https://www.reuters.com/world/us-swedish-prosecutors-study-graft-complaint-naming-son-turkeys-erdogan-2023-06-26/> accessed 27 April 2025.

[29] David Gauthier-Villars, ‘US, Swedish prosecutors study graft complaint naming son of Turkey’s Erdogan’ (Reuters, 26 June 2023) <https://www.reuters.com/world/us-swedish-prosecutors-study-graft-complaint-naming-son-turkeys-erdogan-2023-06-26/> accessed 27 April 2025.

[30] Reuters, ‘Reuters appeals Turkish court order to remove news article’ (Reuters, 4 July 2023) <https://www.reuters.com/world/reuters-appeals-turkish-court-order-remove-news-article-2023-07-03/> accessed 29 April 2025.

[31] Reuters, ‘Reuters appeals Turkish court order to remove news article’ (Reuters, 4 July 2023) <https://www.reuters.com/world/reuters-appeals-turkish-court-order-remove-news-article-2023-07-03/> accessed 29 April 2025.

[32] Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[33] Court of Cassation ACC No E 2011/4-278 K 2011/376 (1 June 2011); Court of Cassation ACC No E 2006/4-540 K 2006/601 (27 September 2006); Court of Cassation ACC No E 2008/4-263 K 2008/262 (19 March 2008); Court of Cassation ACC No E 2005/4-644 K 2005/701 (7 December 2005); Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[34] Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[35] Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[36] Court of Cassation ACC No E 2003/4-167 K 2003/176 (19 March 2003); Court of Cassation ACC No E 2011/4-278 K 2011/376 (1 June 2011); Court of Cassation ACC No E 2008/4-263 K 2008/262 (19 March 2008); Court of Cassation ACC No E 2005/4-644 K 2005/701 (7 December 2005); Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[37] David Gauthier-Villars, ‘US, Swedish prosecutors study graft complaint naming son of Turkey’s Erdogan’ (Reuters, 26 June 2023) <https://www.reuters.com/world/us-swedish-prosecutors-study-graft-complaint-naming-son-turkeys-erdogan-2023-06-26/> accessed 27 April 2025.

[38] Court of Cassation 4th Civil Chamber No E 2001/4584 K 2001/9053 (4 October 2001); Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025.

[39] Court of Cassation 4th Civil Chamber No E 2001/4584 K 2001/9053 (4 October 2001); Ferhat Canbolat and Günhan Gönül Koşar, ‘Freedom of the Press and the Protection of Personality Rights in Türkiye from the Perspective of the European Court of Human Rights’ [2024] Oxford U Comparative L Forum 1 <https://ouclf.law.ox.ac.uk/freedom-of-the-press-and-the-protection-of-personality-rights-in-turkiye-from-the-perspective-of-the-european-court-of-human-rights/> accessed 27 April 2025. 

[40] David Gauthier-Villars, ‘US, Swedish prosecutors study graft complaint naming son of Turkey’s Erdogan’ (Reuters, 26 June 2023) <https://www.reuters.com/world/us-swedish-prosecutors-study-graft-complaint-naming-son-turkeys-erdogan-2023-06-26/> accessed 27 April 2025.

[41] Stockholm Center Freedom, ‘Turkish judge accused of bribery had access blocked to 172 news reports about claims’ (SCF, 21 October 2023) <https://stockholmcf.org/turkish-judge-accused-of-bribery-had-access-blocked-to-172-news-reports-about-claims/> accessed 27 April2025; Turkish Minute, ‘Prosecutor reveals corruption within judiciary in letter to Turkey’s top judicial body’ (Turkish Minute,13 October 2023)  <https://www.turkishminute.com/2023/10/13/prosecutor-reveal-corruption-within-judiciary-letter-to-turkeys-top-judicial-body/> accessed 27 April 2025.

[42] Stockholm Center Freedom, ‘Turkish judge accused of bribery had access blocked to 172 news reports about claims’ (SCF, 21 October 2023) <https://stockholmcf.org/turkish-judge-accused-of-bribery-had-access-blocked-to-172-news-reports-about-claims/> accessed 27 April2025; Turkish Minute, ‘Prosecutor reveals corruption within judiciary in letter to Turkey’s top judicial body’ (Turkish Minute,13 October 2023)  <https://www.turkishminute.com/2023/10/13/prosecutor-reveal-corruption-within-judiciary-letter-to-turkeys-top-judicial-body/> accessed 27 April 2025.

[43] The Good Men Project, ‘In Turkey, the State Is Targeting Scores of Journalists’ (The Good Men Project, 19 November 2023) <https://goodmenproject.com/featured-content/in-turkey-the-state-is-targeting-scores-of-journalists/> accessed 27 April 2025.

[44] BirGün, ‘Erişim engelleriyle halktan gerçekleri gizleyemezsiniz’ (BirGün, 16 October 2023) <https://www.birgun.net/haber/erisim-engelleriyle-halktan-gercekleri-gizleyemezsiniz-476264> accessed 27 April 2025.

[45] The Good Men Project, ‘In Turkey, the State Is Targeting Scores of Journalists’ (The Good Men Project, 19 November 2023) <https://goodmenproject.com/featured-content/in-turkey-the-state-is-targeting-scores-of-journalists/> accessed 27 April 2025.

[46] The Good Men Project, ‘In Turkey, the State Is Targeting Scores of Journalists’ (The Good Men Project, 19 November 2023) <https://goodmenproject.com/featured-content/in-turkey-the-state-is-targeting-scores-of-journalists/> accessed 27 April 2025.

[47] Stockholm Center Freedom, ‘Turkish judge accused of bribery had access blocked to 172 news reports about claims’ (SCF, 21 October 2023) <https://stockholmcf.org/turkish-judge-accused-of-bribery-had-access-blocked-to-172-news-reports-about-claims/> accessed 27 April2025.

[48] The Good Men Project, ‘In Turkey, the State Is Targeting Scores of Journalists’ (The Good Men Project, 19 November 2023) <https://goodmenproject.com/featured-content/in-turkey-the-state-is-targeting-scores-of-journalists/> accessed 27 April 2025.

[49] Law No 5651 <https://www.mevzuat.gov.tr/mevzuat?MevzuatNo=5651&MevzuatTur=1&MevzuatTertip=5>.

[50] Law No 5651, art. 1. 

[51] Constitutional Court No E  2020/76  K  2023/172 (11 October 2023), para 5 <https://normkararlarbilgibankasi.anayasa.gov.tr/Dosyalar/Kararlar/KararPDF/2023-172-nrm.pdf>.

[52] Constitutional Court No E  2020/76  K  2023/172 (11 October 2023), para 5.

[53] Constitutional Court No E  2020/76  K  2023/172 (11 October 2023), VIII Verdict, B(1)  p 26.

[54] Constitutional Court No E  2020/76  K  2023/172 (11 October 2023), para 105.

[55] Constitutional Court No E  2020/76  K  2023/172 (11 October 2023), para 107.

 107; Law No 2709, art. 13, art. 26, and  art. 28.

[56] Law No 5651, art. 8/A(1).

[57] IFEX, ‘Turkey: 2024 was “a living hell” for journalists’ (IFEX, 27 January 2025) <https://ifex.org/turkey-2024-was-a-living-hell-for-journalists/>  accessed 27 April 2025.

[58] IFEX, ‘Turkey: 2024 was “a living hell” for journalists’ (IFEX, 27 January 2025) <https://ifex.org/turkey-2024-was-a-living-hell-for-journalists/>  accessed 27 April 2025.

[59] Emine Özge Yıldırım, ‘Silenced, Chilled, and Jailed: The New Turkish Law Criminalizes Disseminating “Disinformation”’ (Verfassungsblog, 20 October 2022) <https://verfassungsblog.de/silenced-chilled-and-jailed/> accessed 27 April 2025.

[60] Law No 7418, art. 29  <https://www.resmigazete.gov.tr/eskiler/2022/10/20221018-1.htm>.

[61] Law No 5237, art. 217/A(1)  <https://www.mevzuat.gov.tr/mevzuat?MevzuatNo=5237&MevzuatTur=1&MevzuatTertip=5>.

[62] Amnesty International, A Human Rights Approach to Tackle Disinformation (IOR 40/5486/2022, 2022) <https://www.amnesty.org/en/wp-content/uploads/2022/04/IOR4054862022ENGLISH.pdf> accessed 27 April 2025.

[63] Amnesty International, A Human Rights Approach to Tackle Disinformation (IOR 40/5486/2022, 2022) <https://www.amnesty.org/en/wp-content/uploads/2022/04/IOR4054862022ENGLISH.pdf> accessed 27 April 2025; Hikmet Adal, ‘Analysis: At least 24 journalists faced legal action in a year under “disinformation” law’ (Expression Interrupted, 20 October 2023) <https://www.expressioninterrupted.com/analysis-at-least-24-journalists-faced-legal-action-in-a-year-under-disinformation-law/> accessed 27 April 2025.​

[64] Amnesty International, A Human Rights Approach to Tackle Disinformation (IOR 40/5486/2022, 2022) <https://www.amnesty.org/en/wp-content/uploads/2022/04/IOR4054862022ENGLISH.pdf> accessed 27 April 2025.

[65] Amnesty International, A Human Rights Approach to Tackle Disinformation (IOR 40/5486/2022, 2022) <https://www.amnesty.org/en/wp-content/uploads/2022/04/IOR4054862022ENGLISH.pdf> accessed 27 April 2025.

[66] European Commission for Democracy through Law (Venice Commission), ‘Presentation’ (Council of Europe) <https://www.venice.coe.int/webforms/pages/?p=01_presentation> accessed 27 April 2025.​

[67] Council of Europe, Journalists Prosecuted under Defamation, Insult and ‘Anti-Terrorism Laws’ (Alert No. 107641405, 6 September 2024) <https://fom.coe.int/en/alerte/detail/107641405> accessed 27 April 2025.

[68] Hikmet Adal, ‘Analysis: At least 24 journalists faced legal action in a year under “disinformation” law’ (Expression Interrupted, 20 October 2023) <https://www.expressioninterrupted.com/analysis-at-least-24-journalists-faced-legal-action-in-a-year-under-disinformation-law/> accessed 27 April 2025.

[69] Deniz Tekin, ‘4590 Investigations, 33 Arrests Under Turkey’s “Censorship Law” in Two Years’ (MLSA Turkey, 20 November 2024) <https://mlsaturkey.com/en/4590-investigations-33-arrests-under-turkeys-censorship-law-in-two-years> accessed 27 April 2025.

[70] Skalka v Poland, App. no 43425/98 (ECtHR, 27 May 2003), para 41.

[71] Hikmet Adal, ‘Analysis: At least 24 journalists faced legal action in a year under “disinformation” law’ (Expression Interrupted, 20 October 2023) <https://www.expressioninterrupted.com/analysis-at-least-24-journalists-faced-legal-action-in-a-year-under-disinformation-law/> accessed 27 April 2025.​

[72] Deniz Tekin, ‘4590 Investigations, 33 Arrests Under Turkey’s “Censorship Law” in Two Years’ (MLSA Turkey, 20 November 2024) <https://mlsaturkey.com/en/4590-investigations-33-arrests-under-turkeys-censorship-law-in-two-years> accessed 27 April 2025.

[73] Council of Europe, Journalists Prosecuted under Defamation, Insult and ‘Anti-Terrorism Laws’ (Alert No. 107641405, 6 September 2024) <https://fom.coe.int/en/alerte/detail/107641405> accessed 27 April 2025.

[74] Law No 5237, art. 125.

[75] Law No 5237, art. 216.

[76] Law No 5237, art. 217.

[77] Law No 5237, art. 267.

[78] Law No 5237, art. 299.

[79] Law No 5237, art. 301.

[80] Deutsche Welle, ‘DW appeals against licensing in Turkey’ (Deutsche Welle, 22 February 2022) <https://corporate.dw.com/en/dw-appeals-against-licensing-in-turkey/a-60877739> accessed 27 April 2025; Euractiv, ‘Turkey says DW, VOA, Euronews must obtain licences or have access blocked’ (Euractiv, 10 February 2022) <https://www.euractiv.com/section/media/news/turkey-says-dw-voa-euronews-must-obtain-licences-or-have-access-blocked/> accessed 27 April 2025.

[81] Deutsche Welle, ‘DW appeals against licensing in Turkey’ (Deutsche Welle, 22 February 2022) <https://corporate.dw.com/en/dw-appeals-against-licensing-in-turkey/a-60877739> accessed 27 April 2025; Euractiv, ‘Turkey says DW, VOA, Euronews must obtain licences or have access blocked’ (Euractiv, 10 February 2022) <https://www.euractiv.com/section/media/news/turkey-says-dw-voa-euronews-must-obtain-licences-or-have-access-blocked/> accessed 27 April 2025.

[82] Bianet, ‘Turkey may block access to DW, VoA as Euronews allowed to operate without licensing’ (Bianet, 13 April 2022) <https://bianet.org/english/media/260444-turkey-may-block-access-to-dw-voa-as-euronews-allowed-to-operate-without-licensing> accessed 27 April 2025.

[83] Deutsche Welle, ‘DW appeals against licensing in Turkey’ (Deutsche Welle, 22 February 2022) <https://corporate.dw.com/en/dw-appeals-against-licensing-in-turkey/a-60877739> accessed 27 April 2025.

[84] RTÜK, ‘Kamuoyunun Dikkatine’ (RTÜK, 1 July 2022) <https://www.rtuk.gov.tr/kamuoyunun-dikkatine-/4346> accessed 27 April 2025; Reuters, ‘Turkey blocks ccess to Deutsche Welle, Voice of America for not getting licenses – official’ (Reuters, 30 June 2022) <https://www.reuters.com/business/media-telecom/turkey-blocks-access-deutsche-welle-voice-america-not-getting-licenses-official-2022-06-30/> accessed 27 April 2025.

[85] Hürriyet Daily News, ‘Turkey bans access to VOA and DW broadcasters’ (Hürriyet Daily News, 1 July 2022) <https://www.hurriyetdailynews.com/turkiye-bans-access-to-voa-and-dw-broadcasters-175004> accessed 27 April 2025.

[86] Reuters, ‘Turkey to Restore Access to Instagram, Minister Says’ (Reuters, 10 August 2024) <https://www.reuters.com/technology/turkey-restore-access-instagram-minister-says-2024-08-10/> accessed 27 April 2025.

[87] Reuters, ‘Turkey to Restore Access to Instagram, Minister Says’ (Reuters, 10 August 2024) <https://www.reuters.com/technology/turkey-restore-access-instagram-minister-says-2024-08-10/> accessed 27 April 2025.

[88] Reuters, ‘Turkey to Restore Access to Instagram, Minister Says’ (Reuters, 10 August 2024) <https://www.reuters.com/technology/turkey-restore-access-instagram-minister-says-2024-08-10/> accessed 27 April 2025.

[89] NDTV, ‘Turkish Woman Arrested for Criticising Instagram Ban, Insulting Tayyip Erdogan’ (NDTV, 14 August 2024) <https://www.ndtv.com/world-news/turkish-woman-arrested-for-criticising-instagram-ban-insulting-tayyip-erdogan-6327379?utm> accessed 27 April  2025.

[90] NDTV, ‘Turkish Woman Arrested for Criticising Instagram Ban, Insulting Tayyip Erdogan’ (NDTV, 14 August 2024) <https://www.ndtv.com/world-news/turkish-woman-arrested-for-criticising-instagram-ban-insulting-tayyip-erdogan-6327379?utm> accessed 11 March 2025.

[91] Stockholm Center for Freedom, ‘Official from Erdogan’s Party Calls for Release of Woman Arrested over Street Interview’ (SCF, 26 August 2024) <https://stockholmcf.org/official-from-erdogans-party-calls-for-release-of-woman-arrested-over-street-interview/> accessed 27 April 2025.

[92] Duvar English, ‘Turkish Court Sentences Woman to 7.5 Months in Prison for Insulting Public in Street Interview, Postpones Ruling’ (Duvar English, 4 September 2024) <https://www.duvarenglish.com/turkish-court-sentences-woman-to-75-months-in-prison-for-insulting-public-in-street-interview-postpones-ruling-news-64895> accessed 27 April 2025.

[93] Stockholm Center for Freedom, ‘Official from Erdogan’s Party Calls for Release of Woman Arrested over Street Interview’ (SCF, 26 August 2024) <https://stockholmcf.org/official-from-erdogans-party-calls-for-release-of-woman-arrested-over-street-interview/> accessed 27 April 2025.

[94] Türkiye Today, ‘Turkish Court Sentences Woman to 7 Months for Street Interview Comments’ (Türkiye Today, 3 September 2024) <https://www.turkiyetoday.com/turkiye/turkish-court-sentences-woman-to-7-months-for-street-interview-comments-48362/> accessed 27 April 2025.

[95] Duvar English, ‘Turkish Court Releases Woman Arrested for Street Interview’ (Duvar English, 30 August 2024) <https://www.duvarenglish.com/turkish-court-releases-woman-arrested-for-street-interview-news-64873> accessed 27 April 2025.

[96] Turkish Minute, ‘Turkish Court Gives Woman Suspended Sentence for Criticizing Instagram Ban’ (Turkish Minute, 3 September 2024) <https://www.turkishminute.com/2024/09/03/turkish-court-gave-woman-suspended-sentence-criticizing-instagram-ban/> accessed 27 April 2025.

[97] Turkish Minute, ‘YouTubers Will Need License from Turkey’s RTÜK for News Program, Street Interviews’ (Turkish Minute, 2 September 2024) <https://www.turkishminute.com/2024/09/02/youtuber-will-need-license-from-turkey-rtuk-for-news-program-street-interviews/> accessed 27 April 2025.

[98] Turkish Minute, ‘YouTubers Will Need License from Turkey’s RTÜK for News Program, Street Interviews’ (Turkish Minute, 2 September 2024) <https://www.turkishminute.com/2024/09/02/youtuber-will-need-license-from-turkey-rtuk-for-news-program-street-interviews/> accessed 27 April 2025.

[99] Turkish Minute, ‘YouTubers Will Need License from Turkey’s RTÜK for News Program, Street Interviews’ (Turkish Minute, 2 September 2024) <https://www.turkishminute.com/2024/09/02/youtuber-will-need-license-from-turkey-rtuk-for-news-program-street-interviews/> accessed 27 April 2025.

[100] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[101] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[102] Reuters, ‘Turkey Shuts Down Radio Station Over “Armenian Genocide”  Remarks’ (Reuters, 17 October 2024) <https://www.reuters.com/world/middle-east/turkey-shuts-down-radio-station-over-armenian-genocide-remarks-2024-10-17/> accessed 27 April 2025.

[103] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[104] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[105] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[106] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[107] Reuters, ‘Turkey Shuts Down Radio Station Over “Armenian Genocide”  Remarks’ (Reuters, 17 October 2024) <https://www.reuters.com/world/middle-east/turkey-shuts-down-radio-station-over-armenian-genocide-remarks-2024-10-17/> accessed 27 April 2025.

[108] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[109] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[110] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[111] Euronews, ‘Shuttered Turkish Radio Station Denies Licence Was Cancelled Over the Phrase “Armenian Genocide”’ (Euronews, 18 October 2024) <https://www.euronews.com/2024/10/18/shuttered-turkish-radio-station-denies-licence-was-cancelled-over-the-phrase-armenian-geno> accessed 27 April 2025.

[112] Reuters, ‘Turkey Shuts Down Radio Station Over “Armenian Genocide”  Remarks’ (Reuters, 17 October 2024) <https://www.reuters.com/world/middle-east/turkey-shuts-down-radio-station-over-armenian-genocide-remarks-2024-10-17/> accessed 27 April 2025.

[113] Media and Law Studies Association (MLSA), ‘Council of State upholds RTÜK’s internet licensing regulation, says no violation of free expression’ (MLSA, 21 March 2025) <https://www.mlsaturkey.com/en/council-of-state-upholds-rtueks-internet-licensing-regulation-says-no-violation-of-free-expression> accessed 27 April 2025.

[114] Media and Law Studies Association (MLSA), ‘Council of State upholds RTÜK’s internet licensing regulation, says no violation of free expression’ (MLSA, 21 March 2025) <https://www.mlsaturkey.com/en/council-of-state-upholds-rtueks-internet-licensing-regulation-says-no-violation-of-free-expression> accessed 27 April 2025.

[115] Media and Law Studies Association (MLSA), ‘Council of State upholds RTÜK’s internet licensing regulation, says no violation of free expression’ (MLSA, 21 March 2025) <https://www.mlsaturkey.com/en/council-of-state-upholds-rtueks-internet-licensing-regulation-says-no-violation-of-free-expression> accessed 27 April 2025.

[116] Nic Newman, ‘Digital News Institute’ (Reuters Institute, 14 June 2023) <https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/digital-news-report/2023/turkey> accessed 27 April 2025.

[117] Reuters, ‘Istanbul’s strong quake triggers nerves and new pledges to prepare’ (Reuters, 24 April 2025) <https://www.reuters.com/world/middle-east/istanbuls-strong-quake-triggers-nerves-new-pledges-prepare-2025-04-24/> accessed 27 April 2025.

[118] Nic Newman, ‘Digital News Institute’ (Reuters Institute, 14 June 2023) <https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/digital-news-report/2023/turkey> accessed 27 April 2025.

[119] Nic Newman, ‘Digital News Institute’ (Reuters Institute, 14 June 2023) <https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/digital-news-report/2023/turkey> accessed 27 April 2025.

[120] L’Orient-Le Jour, ‘Twitter back online in Turkey after block’ (L’Orient-Le Jour, 9 February 2023) <https://today.lorientlejour.com/article/1327726/twitter-back-online-in-turkey-after-block.html> accessed 27 April 2025.

[121] Nic Newman, ‘Digital News Institute’ (Reuters Institute, 14 June 2023) <https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/digital-news-report/2023/turkey> accessed 27 April 2025.

[122] Sertaç Çomak, ‘Twitter Türkiye’de sansüre başladı: Diken’in tweet’ine engel’ (Diken, 16 March 2023) <https://www.diken.com.tr/twitter-turkiyede-sansure-basladi-dikenin-tweetine-engel/> accessed 27 April 2025.​

[123] Yeşil Gazete, ‘Haber sitelerinin tweetlerine engel: haberimize erişim engeli’ (Yeşil Gazete, 29 August 2023) <https://yesilgazete.org/haber-sitelerinin-tweetlerine-engel-haberimize-erisim-engeli/> accessed 27 April 2025.

[124] International Federation of Journalists, ‘Türkiye: Journalists’ and press freedom organisations call for action as press freedom violations surge in 2025’ (IFJ, 5 February 2025) <https://www.ifj.org/media-centre/news/detail/category/press-releases/article/tuerkiye-journalists-and-press-freedom-organisations-call-for-action-as-press-freedom-violations-surge-in-2025> accessed 27 April 2025.​

[125] TÜSİAD, ‘About Us’ (TÜSİAD) <https://www.tusiad.us/about-us/> accessed 27 April 2025.

[126] Associated Press, ‘Two Business Leaders in Turkey are Questioned After They Criticize the Government’ (AP News, 19 February 2025) <https://apnews.com/article/turkey-business-leaders-questioned-crackdown-dissent-c03d83125ef85b280afd17618b076470> accessed 27 April 2025.

[127] Associated Press, ‘Two Business Leaders in Turkey are Questioned After They Criticize the Government’ (AP News, 19 February 2025) <https://apnews.com/article/turkey-business-leaders-questioned-crackdown-dissent-c03d83125ef85b280afd17618b076470> accessed 27 April  2025.

[128] Reuters, ‘Turkey Probes Business Group Official After Criticism of Opposition Crackdown’ (Reuters, 14 February 2025) <https://www.reuters.com/world/middle-east/turkey-probes-business-group-official-after-criticism-opposition-crackdown-2025-02-14/?utm> accessed 27 April 2025; Duvar English, ‘Turkish Business Group TÜSİAD Leaders Face Up to Five Years in Prison’ (Duvar English, 8 March 2025) <https://www.duvarenglish.com/turkish-business-group-tusiad-leaders-face-up-to-five-years-in-prison-news-65768>  accessed 27 April 2025.

[129] Reuters, ‘Turkey Probes Business Group Official After Criticism of Opposition Crackdown’ (Reuters, 14 February 2025) <https://www.reuters.com/world/middle-east/turkey-probes-business-group-official-after-criticism-opposition-crackdown-2025-02-14/> accessed 27 April2025.

[130] Reuters, ‘Erdogan Accuses Top Turkish Business Group of Political Meddling’ (Reuters, 19 February 2025) <https://www.reuters.com/world/middle-east/erdogan-accuses-top-turkish-business-group-political-meddling-2025-02-19/> accessed 27 April 2025.

[131] Duvar English, ‘Turkish Business Group TÜSİAD Leaders Face Up to Five Years in Prison’ (Duvar English, 8 March 2025) <https://www.duvarenglish.com/turkish-business-group-tusiad-leaders-face-up-to-five-years-in-prison-news-65768>  accessed 27 April 2025.

[132] Duvar English, ‘Turkish Business Group TÜSİAD Leaders Face Up to Five Years in Prison’ (Duvar English, 8 March 2025) <https://www.duvarenglish.com/turkish-business-group-tusiad-leaders-face-up-to-five-years-in-prison-news-65768>  accessed 27 April 2025.

[133] Reuters, ‘Erdogan Accuses Top Turkish Business Group of Political Meddling’ (Reuters, 19 February 2025) <https://www.reuters.com/world/middle-east/erdogan-accuses-top-turkish-business-group-political-meddling-2025-02-19/> accessed 27 April 2025.

[134] Reuters, ‘Turkey Probes Business Group Official After Criticism of Opposition Crackdown’ (Reuters, 14 February 2025) <https://www.reuters.com/world/middle-east/turkey-probes-business-group-official-after-criticism-opposition-crackdown-2025-02-14/> accessed 27 April 2025.

[135] Duvar English, ‘Turkish Business Group TÜSİAD Leaders Face Up to Five Years in Prison’ (Duvar English, 8 March 2025) <https://www.duvarenglish.com/turkish-business-group-tusiad-leaders-face-up-to-five-years-in-prison-news-65768>  accessed 27 April 2025.

[136] Deep Newz, ‘TÜSİAD’s Orhan Turan and Mehmet Ömer Arif Aras to Face Court Over Misleading Information, Up to 5 Years 6 Months Sought  (Deep Newz, 10 March 2025) <https://deepnewz.com/turkey/tusiad-s-orhan-turan-mehmet-omer-arif-aras-to-face-court-over-misleading-up-to-5-45f6e08b> accessed 27 April 2025.

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